Promenade sentimentale

 

 

 

Ni poète ni expert en littérature,

Promenade sentimentale

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j’errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l’étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j’errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l’épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux.

Ce poème « Promenade sentimentale » fait partie de la première section « Mélancholia » des poèmes saturniens, premier recueil de poèmes de Verlaine fortement imprégné de son amour rejeté pour sa cousine Elisa Moncomble. C’est un poème sentimental, une promenade souvenir en solitaire à travers un paysage aquatique qui lui renvoie son image.

 
L’errance du poète amoureux

Mes inspirations pour mes anecdotes et mes récits se calquent sur des poèmes, des chansons, des tableaux…

Ce soir je plante le décor d’une promenade souvenir autour de la seine, au milieu de la foule pressée, indifférente ou un seul échange a pu se faire malgré tout. 

 

 

Alors que perdue (car je n’ai aucun sens de l’orientation) un soir d’hiver, à la sortie d’une exposition, j’ai interrogé cet inconnu  sur la direction à prendre pour regagner la station Saint Michel, il a dû lire dans mon regard et ma voix que le découragement me gagnait.

 

Il a dit  » un petit effort Mademoiselle, il fait beau, profitez de l’air frais, regardez autour de vous, il fait bon, et ça fait du bien de marcher »

 

J’ai obéit, j’ai ouvert les yeux j’ai regardé autour de moi, j’ai ainsi appris à savourer la fraîcheur du soir naissant.

 Cette photo en est le résultat   La rencontre avec cette personne a tout changé. J’étais perdue et désespérée ; il m’a redonné le goût des bonheurs simples.  Je me suis arrêtée, j’ai regardé les autres, la seine, les lumières et soudain le froid ne m’atteignait plus.  

D’habitude j’adore les couchers de soleil, je suis toujours en extase devant ce mélange de couleurs douces… Mais un soir d’hiver, j’ai moins la force de m’attarder sur ces détails que la nature nous offre.

Mon  « moi » très frileux malgré la contemplation ne m’a pas autorisée à m’attarder sur le pont. J’ai poussé mon errance à la recherche de la station Saint Michel que j’ai fini par retrouver avec les miens qui commençaient à s’inquiéter. Là s’est achevé ma souffrance de promeneuse solitaire, les pieds glacés et endoloris dans mes souliers  inappropriés pour la circonstance.

 

Mais je suis comme je suis, avec moi tout est possible….

 

Avez vous une âme de promeneur solitaire vous aussi?