Sonia Rykiel: 40 ans

La styliste Sonia Rykiel crée une « mode accessible et adaptable »à toutes et ouvre sa première boutique en 1968. en 1974, le pull devient son symbole avec ses coutures cousues l’envers sur l’endroit « parce que l’envers d’un vêtement, c’est comme l’intérieur d’une maison, on montre les poutres, les structures d’une architecture ». En 1990, elle inaugure un nouvel espace boulevard Saint Germain à Paris. La  mode qu’elle définit est faite de contrastes.

 

 

Le virtuel se joue du réel, et l’avant-garde est démodée.

 

La mode aujourd’hui c’est la dégaine, c’est l’allure.

 

Le créateur revendique ses codes.

 

Courant dans sa tête comme l’amoureux de Barthes, parfois déjanté, souvent décalé, mais toujours dans le temps, dans l’art du temps. Artificiel, frivole, délirant aux moindres vibrations, interactif, attentif aux informations, il trie, il entasse, il décape, il respire, il vole, il meurt, il crée.

 

Il est ainsi fait qu’il se nourrit du hasard du silence.

 

La pression est  trop forte, le créateur tient la marque à bout de bras, conforte le nom, le souligne, le cultive, l’inscrit en lettres d’or dans l’univers de la mondialisation.

 

Le créateur se doit d’être « créatissime»

 

Propos recueillis par  Nathalie  de Baudry d’Asson,

In « la mode : La passion de la création»,

 

Revue des deux mondes, juillet 2001

 

« Quarante ans ou une vie de création, la vie d’une femme française, l’histoire d’une des plus belles marques de mode française.

 

Sonia invente une nouvelle mode, instinctive, sans tabous, sans principes, ou plutôt n’obéissant qu’aux siens. On vire les soutifs, on porte son pull à l’envers, on écoute sa féminité, en montrant ses formes, on arbore des slogans  hameçons et facétieux, sur ses vêtements…. Appréhender la mode par rapport à son corps et non  se plier  aux diktats d’un créateur.

 

Extrait de  Elle avec Chantal Levy et Lauren Bastide.