Vivre dans un écovillage: nouvelle vague ou réel désir de retour à la terre?

Eco nouvelle superstar des mots clés du web. 

La première fois que j’ai lu un reportage dans la magazine Elle, il était question d’un éco lieu.  

Tout le monde et tout est soudain eco. Vous avez les ecofriends, les eco villages, les éco lieuX, les éco hameau., éco cités… la liste est longue!

 

On se demande même pourquoi nous nous sommes battus pour le développement si c’est pour quelques années plus tard, créer des structures de vie parfois même en plein centre ville pour vivre en armonie avec nous même.

 

Si je n’étais pas devenue une citoyenne française ou du moins une citoyenne du monde comme j’aime à me définir, la question ne se poserait même pas.

 

J’ai été élevé dans un village, ou disons un campement, si petit que les habitants étaient  tous fréres, cousins, grands parents, petits enfants, arrières et arrières arrières petits enfants. La famille, la vraie. Et nous vivions très près de la nature et les terrains de jeu pour les enfants étaient la forêt qui entourait le village, les activités pour tous étaient la pêche, la cueillette, la chasse, et la culture maraichère.

 

C’était des villages, pas des écovillages ni des écolieux. Ces lieux de vie à taille humaine sont morts balayés par la modernisation, par l’invasion des cultures dites civilisées.

 

Pourquoi ce regain soudain d’ECO CITOYENNETE ?

 

Sans doute en ont -t-ils assez de la vie trépidente et futile des villes, tous veulent sauver la planète terre. Tous veulent retourner à la terre. Mais tous iraient -ils si on le leur porposait, d’aller faire revivre le campement de mon arrière grand père ? Ils n’auraient rien à débourser pour un lopin de terre. Il n’y aurait ni électricité, ni lampe à pétrole, ni  éco architecte. ni enseignant. Puisque la nature nous enseigne ce que nous avons à savoir. C’est ça le principe de la communion avec la nature. Nous vivions déjà écologiquement.

 

Mes recherches m’ont permis de comprendre les différences entre ma vie là bas et celle à laquelle aspire aujourd’hui la plupart de mes concitoyens.

 

J’ai rédécouvert que un ECO VILLAGE et non un village  est un lieu de vie qui rassemble plusieurs individus où chacun à son propre habitat, son autonomie économique et idéologique, avec un esprit de partage et de solidarité. Ce qui existait déjà avant. La vocation d’un éco village est de mettre en œuvre un mode de vie collectif écologique et juste. Ce qui signifierait sans doute de partager l’aubergine de son potager avec son voisin, d’aller à la pêche collective comme cela se faisait dans mon village, d’apprendre à fabriquer son fillet de pêche soi même avec du raphia, d’aller cueillir le miel dans la fôret sans autre moyen qu’une torche, de se nourrir avec ce que la nature nous propose. Combien tiendraient longtemps avec cette vie d’éco ami, éco voisins, éco villageois…..?

Respecter l’être humain, il était temps ! Apparemment cela fait partie d’un des objectifs.  Il faudra inviter aussi ceux qui mettent la camisole à des êtres humains pour les embarquer de force dans un avion pour faire de la place ou alors leur proposer un écoespace afin qu’ils ne dérangent personne. Ils cultiveraient tranquillement leur éco propriété, leur éco légume et ne « voleraient » pas le travail à leurs concitoyens.

Mon vocabulaire s’est enrichi depuis que je m’éco cultive. On parle de perma culture  d’écoles alternatives d’éco cité, d’éco enseignants….  Et même d’éco chartres.

Le plus intéressant c’est la liberté de croyance individuelle. Voilà que je vais me recontruire un « sian », ne cherchez pas dans le Larousse, vous ne trouverez pas. Le sian c’est le lieu de rassemblement des bonnes sorcières du village. L’endroit où l’on se réunit en assemblée générale pour résoudre les conflits entre villageois, l’endroit où l’on décident du sort des « mauvaises graine » de la communauté.

J’aurais ma statuette avec qui je communiquerais dans mon patois. Je ne dérangerais personne et je serais bien intégrée dans mon éco communauté.

La vie dans un écovillage serait sans doute différente de celle des villages en ce sens là. Celle de pouvoir mener une vie tranquille dans un pays industrialisé, « civilisé » ou l’on apprendrait à nouveau à vivre ensemble comme des hérissons, sans qu’aucun ne soit mis dehors sous prétexte qui a pris un peu trop de place et que ses pics commencent à géner  ses « frères« .

La série éco ne fait que commencer…