LES QUINQUAS ONT ENCORE LA RAGE

Hier comme aujourd’hui, chômeur je suis, actif je reste… Hier on m’a dit :  » Oh, oh, je vois bien sur la photo de votre CV que vous avez largement dépassé la quarantaine, dites moi si je me trompe? »

Alors j’ai répondu : « oh, oh, mais non, vous ne vous trompez pas, j’ai bien largement dépassé la quarantaine! »

Hier toujours, on m’a répliqué : « je ne vous vois pas intégrer une équipe qui a entre 25 et 30 ans, je ne vous vois vraiment pas. »

Alors hier, comme tous les autres jours depuis six mois, je n’ai pas trouvé d’emploi. Parce qu’hier, comme tous les autres jours la société ne veut plus de moi….. »

Cet extrait du post de Jean-François Altmayer du vendredi 23 mai, m’a ramenée quelques années en arrière lorsque pour changer de métier, j’ai décidé de suivre une formation à l’AFPA.

Les premières réactions ne se sont pas fait attendre… à commencer par le mari de ma meilleure amie qui m’a laissée entendre que à mon âge ( 40 ans) on ne songe pas à changer de métier. On reste où l’on est.

Quand au consultant qui m’a réçue pour mon bilan de compétence, il m’a suggéré de ne rien changer à ma situation et de profiter du fait d’avoir ma « croûte » déjà assurée.

A l’Anpe, la conseillère m’a fait remarquer qu’i était plus facile pour moi de trouver un poste pour faire ce que j’appelle « petits boulots » que de vouloir une formation diplomante.

Assistante maternelle, aide familiale étant donnée que j’en avais déjà fait auparavant pour manger.

Ma réponse fut la suivante:

 » Pensez vous que mes parents, lorsqu’ils me scolarisaient dans le temps, ont rêvé de me voir faire carrière en tant que femme de ménage ou garde d’enfants? (loin de moi l’idée de dénigrer ce métier, je l’ai fait pour me sortir de situations difficiles et je me suis appliquée à ma tâche… sans pour autant vouloir finir dans cette branche)

Non, Je ne crois pas, j’ai fait des études, j’ai été à l’université, j’ai immigré en france pour espérer changer de vie… Ce n’est pas dans l’intention de partir à la retraite comme femme de ménage mais pour trouver du travail dans ce que j’ai étudié, ce que l’on m’a appris. Et puis si je voulais trouver du travail dans ce domaine particulier, je ne serais pas venue vous voir. Je sais trouver toute seule. »

Mon discours l’a laissé perplexe. On voyait bien qu’elle n’était pas contente mais elle a fait preuve de professionnalisme et a continué l’entretien.

Des situations comme celles là  ne sont pas isolées, Le problème aujourd’hui c’est de se sentir coupable d’être noir, vieux ou que sais -je d’autre;

Pendant ma recherche de stage toujours avec ma condition de « vieille », noire et immigrée intégrée, j’ai dû affronter plus de préjugés d’ordre différent..

Les CV avant l’entretien avaient la côte sauf au moment oû l’on décelait mes origines pendant l’entretien téléphonique. Ou alors, comme pour Monsieur Altmayer, j’étais trop vieille pour intégrer une équipe de jeune. La seule fois oû oh mon dieu! , on m’a trouvée trop jeune pour occuper un poste, c’était il y a 3 ans quand après avoir insisté pour connaitre les raisons de leur refus, un RH m’a répondu que ma candidature les intéressait énormément sauf que malheurement pour moi, ils ont dû faire le choix difficile entre une personne de 55 ans qui avait plus besoin du poste et de ce revenu que moi.

Très citoyen n’est ce pas? On sélectionne les plus méritants selon l’âge ou la couleur? L’important c’est de se retrouver dans les limites du barème: pas trop vieux, pas trop jeune, pas de couleur, pas de passé de petits métiers…. pas de projets de fonder une famille parfois…

Aurais je dû le prendre comme un compliment (pour une fois que je n’étais pas  » trop vieille » ou comme une farce????

Désormais ma devise c’est de « dégainer » avant l’autre.

Je dis : »Bonjour, je vous préviens que je suis noire, d’afrique, j’ai 47 ans et trois enfants. Si cela vous pose un problème, inutile de continuer la conversation. Cela nous évitera de perdre du temps mutuellement et je ne vous en tiendrai pas rigueur… »

Je suis ce que je suis; je ne peux ni arrêter le temps, ni me dépigmenter la peau pour plaire à qui que ce soit…