Liberté, liberté je crie liberté!

Elles (Ils) s’appellent, Mandela, Yvonne, BiKo, et Ingrid.

Une rumeur, pas encore officielle, enfin confirmée, c’est vrai Ingrid est libre!

Des frissons me parcourent le corps, j’ai envie de pleurer, non pas seulement pour Ingrid, mais aussi pour tous ceux qui comme elle ont connu une vie de prisonnier, d’otage, et surtout pour ma mère, qui a appris à survivre 8 mois dans la forêt, jouant à cache à cache avec l’escadron de la mort.

Je suis heureuse, heureuse de savoir que priver un individu de liberté ne vous permet pas de faire main basse sur son esprit, son âme. Mandela en est l’exemple vivant.

Ce qui me chagrine surtout c’est l’indifférence de certains….En prenant le train ce matin, je jubilais, comme si Ingrid était un membre de ma famille. Pour la énième fois j’ai demandé à ma moitié avant de nous dire aurevoir s’il avait entendu la nouvelle, pourtant nous étions ensemble lorsque la nouvelle est tombée.

Ce qui me chagrine donc, c’est le buzz plus ou moins important qu’a déclenché la nouvelle. Riencomparé aux nouvelles de Britney qui divorce ou qui va en cure..; Je m’attendais en arrivant au bureau à entendre comme d’habitude, des:

« tu as entendu Sarkozy? »

« Tu as vu Ségolène? »

« Et l’autre là »,

J’ignore qui est « l’autre là » mais il est aussi célèbre que les célébrités. On ignore qui il est mais il fait souvent du buzz.

Ce matin donc, rien, on aurait dit qu’ils s’étaient passés le mot, Ah si vous pouviez savoir, je leur en veux. J’ai attendu, attendu, rien, Je n’ai pas osé être celle qui lance le débat.

Alors je me suis réfugiée dans le silence. J’ai savouré mon bonheur par procuration avec pudeur.

Ah je leur en veux, alors que je ne devrais pas, je les comprends, il n’ont jamais connu ce genre de situation, ils n’ont jamais été otages par procuration, ils n’ont pas vécu la guerre par procuration….

Je les comprends et je crois que je ne devrais pas leur en vouloir ils ne peuvent pas savoir.

Cet après midi, je me suis sentie proche d’une cliente. Elle attendait dans mon bureau, à me regarder travailler; avec elle, je me suis libérée:

J’ai lancé un :

« avez vous entendu la nouvelle? »

« Ingrid; libéréé… »

« Ah quel bonheur! » a-t-elle répondu, vous imaginez, privée de liberté pendant  6 ans.

Je trouvais enfin quelqu’un qui partageait comme moi le bonheur des autres, de ceux qui peuvent parler, vivre, circuler librement, de ceux qui ne sont pas pris en otage par des chefs de guerres, des enfants qui lorsqu’ils entendent un feu d’artifice ne courent pas se réfugier, imaginant une nouvelle attaque de rebelles….

Liberté, liberté, je crie Liberté.

Cry freedom