Coeur de feu, mon enfance assassinée par Senait Mehari

Le roman d’un ex enfant soldat.

La guerre fait des ravages. Elle bouleverse vos vies, elle transforme des humains en machine de guerre, prête à tout détruire sur leur passage. La guerre n’a pas de visage, elle est à la fois violente et sournoise, douloureuse.

En temps de guerre, c’est la loi de la jungle qui prévaut: vivre ou mourir, peut être vivre à tout prix. Et pour rester en vie certains, surtout des enfants sont prêts à s’enroler dans les milices, à d’autres par contre on ne laisse pas le choix.

Senait Mehari est de ceux là.

Abandonnée par sa mère désormais inapte à jouer son rôle de mère protectrice, Senait passe les premières années de sa vie dans un orphelinat, puis finit dans une unité de rebelles. Elle a connu  toutes sortes de corvées: enterrer les corps des combattants (enfants pour la plupart, comme elle), porter les kalachnikov presqu’aussi grands et plus lourds qu’elle. Moments de détresse insoutenable sans parler des viols répétés des soldats. Elle y a survécu. Puis un jour, son oncle déguisé en bedouin est venu l’extraire de l’unité et elle a pu enfin rejoindre son père exilé en allemagne, à Hamburg. Là elle rencontre l’amour.

Sa passion pour la musique l’a entrainée dans une girls band, avant qu’elle ne décide de voler de ses propres ailes. Aujourd’hui Senait est une star de la chanson en allemagne et le livre qui retrace son parcours d’enfant soldat est un bijou: poignant et très instructif, surtout pour nos petits chérubins, qui se lamentent dès qu’ils ont un bouton mal placé….

L’histoite de cette enfant est retracée dans COEUR DE FEU

En voici l’extrait:

Extrait du livre :
L’enfant de la malle

Lorsque je sortis pour la première fois de la maison de mes grands-parents, une bande de gamins du voisinage passa devant moi dans la ruelle poussiéreuse en criant :


– Senait, l’enfant de la malle ! L’enfant de la malle est arrivé !
Leurs hurlements rauques m’effarouchèrent, mais ils ne savaient pas plus que moi ce que signifiait «l’enfant de la malle». Ils ne faisaient que répéter ce qu’ils avaient saisi au vol dans les conversations des adultes. Ce n’est que bien plus tard que je sus pourquoi ils m’avaient appelée ainsi.

Mes parents s’étaient séparés avant ma naissance et mon père ne voulait plus entendre parler de moi. Sans argent et avec un enfant sur les bras, ma mère sombra dans le désespoir. Adhanet, c’était son nom, venait d’arriver à Asmara. Sa famille venait d’Addis-Abéba, en Ethiopie ; celle de mon père d’Adi Keyh, une petite ville des hauts plateaux de l’Erythrée. Ces deux peuples se faisant la guerre depuis plus de quinze ans, on peut aisément comprendre que cette situation n’était pas facile à vivre : un enfant né de cette alliance jetait la honte sur ses parents.

Mon arrivée était donc, pour différentes raisons, bien peu souhaitée. Aussi, quelques semaines après ma naissance, ma mère prit la décision de se débarrasser de moi. Toutefois, elle n’osa pas me supprimer et choisit un compromis entre l’infanticide et l’abandon : laisser le destin décider de mon sort.

 

5 commentaires

  1. Ce type de parcours me fascine m^me si le départ est cruel. J’aime les « guerriers » . Ils démontrent leur volonté de vivre et leur acharnement à combattre pour ne plus « replonger ».

  2. Non de dieu la souffrance la fait belle comme une reine..Je lui souhaite que du bonheur et de la réussite je crois que c’est pas mal partie. André

  3. Sublime, lire et se retenir de pleurer, être aussi fort qu’elle, et aider d’autres enfants soldats. Car, une partie des recettes fera vivre l’association qu’elle a créee pour venir en aide aux autres enfants soldats, ceux qui n’ont pas encore eu sa chance, ceux qui servent encore de chair à canon dans ces carnages qui continuent.

    Nina, moi aussi j’adore les contes de fée. heureusement que ça existe des histoire qui finissent bien, et des femmes aussi fortes et déterminées qu’elle.

    Oui André, elle très belle. Aujourdh’ui c’est un compliment qui peut sans doute lui faire plaisir mais je suis sûre que à certains moments elle aurait préféré être laide. Pas désirable, si c’était la seule façon d’échapper à la sauvagerie humaine…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s