Points de suture ou tranquilité??

Tout est dans l’art de formuler!!

 

Un blanchisseur ou disons gérant de pressing prend le linge de Jimmy Danger. Qui est Jimmy Danger? c’est le roi des voyous, chef d’un gang très connu de la place. Il ne craint rien ni personne. Jimmy Danger confie donc son linge à faire nettoyer. Le blanchisseur se dépèche de s’en occuper afin de ne pas le contrarier. Il attend que Jimmy passe récupérer son linge; des semaines passent, puis des mois, Jimmy passe devant chez lui tous les jours mais ne s’arrête pas. Excédé, le blanchisseur le hèle un jour sans prendre de gangs:

« hé toi là, oui toi Jimmy, ça fait des mois que ton linge est ici, et tu m’ignores quand tu passes devant chez moi… »

« tu parles à qui là? à moi Jimmy Danger? Pour qui te prends-tu? Tu ne me connais pas ou quoi? »

« Je te connais trop bien bien même, je dis que tu es un voleur, un voyou, le roi des escrocs. Tu me dois de l’argent pour ton linge que j’ai nettoyé. »

Jimmy n’en revient pas. Lui si respecté et si adulé, ridiculisé par un blanchisseur!!

« ne bouge pas j’arrive »

« Arrive, on va voir ce que tu peux me faire »

« Jimmy fonce sur le blanchisseur et le roue de coups. Il en profite pour emporter son linge. Le blanchisseur est en train de gémir au sol lorsque son ami arrive »

« Mais, que fais-tu au sol? »

Lorsqu’il réalise l’état dans lequel se trouve son ami, il l’emmène à l’hôpital. Résultat: quatre points de surture et la tête comme qui dirait façonnée à nouveau par notre ami Jimmy Danger.

Le médécin leur remet un certificat médical. Les voilà qui reviennent au quartier. Le blanchisseur toujours gémisssant et son ami qui ne décolère pas. Tous deux se rendent chez la soeur de Jimmy. Ce dernier est absent, son père est là.

Sans lui laisser le temps de comprendre ce qui se passe, l’ami du blanchisseur se met à vociférer, à l’injurier.

« Vous là, vous feriez mieux de retenir votre animal de fils chez vous, de mieux l’éduquer, à cause de lui, les habitants du quartier ne se sentent pas en sécurité. Tenez, regardez ce qu’il a fait à mon ami; nous revenons de l’hôpital avec un certificat médical. Voilà  » et il jette le certificat à la tête du papa.

La tension monte, le vieux père de Jimmy, très coléreux lui même, se redresse:

« Mais attendez, Je ne savais pas que ma fille avait adopté un animal sauvage, vous parlez à qui là, c’est à moi que vous vous adressez? Vous êtes chez moi ici, et je ne permets pas que vous veniez à mon domicile pour m’insulter. Partez ou je m’occupe de vous. »

Notre ami blanchisseur, désormais très prudent, se sert de son ami comme rempart. Il est presque à la porte. Malheureusement pour lui, le père de Jimmy avait ordonné à la bonne de vérouiller la porte et de lui remettre la clé.

Il a fait passer un mauvais quart d’heures à l’ami avant de les mettre dehors.

« et que je ne vous revois pas chez moi. »

Maintenant nous n’avons pas qu’un seul blanchisseur qui gémit mais deux amis avec des points de suture, gémissant, assis la tête de l’un contre celle de l’autre, comme deux frères siamois.

Arrive un client. Surpris de les voir ainsi il s’exclame:

« Vous exagérez, même si on parle de tendance, il ne faut tout de même pas dépasser les bornes. Vous vous faites des points de suture, vous avez des bosses au visage, et vous gémissez en choeur… , bon si ça vous plait d’être ainsi… Je ramène mon linge à nettoyer. »

Le blanchisseur est très attentif. Ce n’est pas le moment de perdre un client.

L’autre lui déplie son pantalon et lui conseille de faire très attention à ne pas mettre de faux plis.

« La dernirère fois, vous m’avez mis de faux plis, ce n’est pas beau du tout, alors appliquez vous pour cette fois et gare à vous. Si vous me faites un faux pli, je vous casse la tête. »

Le blanchisseur jette un regard à son ami. Très vite il trouve une parade pour échapper au risque de se faire défigurer encore une fois. Des clients comme Jimmy, il n’en veut plus.

Alors très calmement il s’applique à donner ses tarifs qu’il a gonflés au passage et qu’il justifie par A +B.

« Mon ami, le pantalon, c’est 500 francs parce que le tissus est épais, la chemise, trop fragile et délicate, c’est 450, le boubous… »

Le client très mécontent des prix ramasse son linge

 » ça va, j’irai voir ailleurs. C’est trop cher chez toi, j’ai toujours trouvé que c’était trop cher chez toi, ma femme n’a pas voulu m’écouter mais là c’est trop. Je ne reviendrai plus jamais ici. »

Puis il s’en va avec son linge.

« ouf soupire le blanchisseur, je suis sauvé! »

Un Jimmy Danger c’est déjà trop, faut pas chercher palabre où il n’y en a pas!!!