CES LIENS QUE NOUS TISSONS AVEC NOS PARENTS, fin

Comment une personne âgée part se soigner à l’hôpital et se retrouve sans domicile fixe.

D’habitude ma belle soeur m’informe des faits divers de la ville ou de la région. Nous appellons cela notre briefing d’écrivain.

Cette fois là elle est restée mystérieuse avec un petit sourire mi embarassé mi… je ne  sais trop. Puis elle m’a fait attendre deux jours pour pondre l’histoire. On peut comprendre qu’elle ait eu du mal à sortir cette nouvelle.

C’est l’histoire d’une pauvre dame, propriétaire jusqu’alors, mère de quatre grands enfants élevés avec soins sans doute. Qui lui ont fait le cadeau de devenir « sans domicile fixe » parce qu’elle a eu le malheur de débarasser sa maison quelques jours seulement pour se faire soigner.

Voilà je pense ce à quoi sont réduits les pauvres parents avec leurs progénitures aujourd’hui. L’amour filiale se mesure à la taille de l’héritage et tout le monde veille à préserver sa part de gateau. Nos parents qui ont travaillé dur pour pouvoir profiter de leur retraite, se voient parfois privés de ce qu’ils aiment parce que ça fait trop de dépenses: il ne faut pas gaspiller. il en faut pour les enfants et petits enfants.

Mes ces chers enfants et petits, prennent- le temps d’être avec leur parents de leur vivant? Non, bien sûr que non? C’est trop épuisant, quand on ne pense pas à la maison de retraite, on engage quelqu’un d’autre pour accomplir les tâches peu gratifiantes.

Cette dame donc  s’est retrouvée dépouillée de tout par ses propres enfants. Il a suffit qu’elle intègre l’hôpital. Le jour même, ses effets personnels ont été rassemblés en deux temps trois mouvements par son fils, validé par ses filles (à trois je dirais qu’elles n’ont pas eu envie d’imposer leur choix; consententes et complices donc) le tout embarqué au secours catholique. La maison a été mise en vente.

Ils devaient préparer leur coup depuis un moment. La vieille en avait le préssentiment. Elle répétait souvent qu’elle risquait de finir mal mais elle ignorait comment cela arriverait. Une fois soignée et guerie, l’hôpital a voulu la renvoyer chez elle et là, ils ont découvert qu’elle n’avait plus de toit.

Pour moi la complicité est collective. Parce que quel que soit l’âge d’une personne, tans qu’elle est lucide, personne ne devrait l’escroquer de la sorte. L’administration aurait dû obliger les enfants à lui rendre ce qui lui appartient.

Le comble, c’est que même pour se rendre à la maison de retraite que l’hôpital lui a trouvé, elle n’avait plus rien à se mettre sur le dos. Ces enfants sans coeur, généreux avec ce qui appartient aux autres, à leur propre mère, ont dû racheter ses vêtements dont ils ont fait don, au même secours catholique afin de l’habiller pour sa nouvelle demeurre. Je me demande ce que ça va être à son enterrement.

Les vieux parents sont chiants, épuisants, pénibles, ce sont de vraies calamnités, ils ne comprennent rien, entendent à peine… On entend que du négatif. Mais des biens immobiliers et mobiliers que possède mamie ou papi ça tout le monde le sait. J’ai connu même un couple qui vivait dans un des appartements de la grand mère juste l’étage en dessous (elle était propriétaire de tout l’immeuble), et qui venait rendre visite deux fois par moi, une demie heure.

A l’annonce de la mort de la mamie, les tableaux de maître ont déserté les murs de sont appartement le jour même. Ce qu’est advenu le chequier, on ne peut pas savoir. Ils géraient son argent depuis des années déjà.

Est-donc là tout ce nous avons à offrir à nos chers parents, ces personnes âgées qui ont été là quand nous avions besoins d’eux, qui ce sont souvent saignés pour nous lorsqu’ils avaient encore tous leur moyens? Est ce là une bonne façon de les remercier de nous avoir donné la vie, de s’être privés pour nous?

Je me le demande.