Coupe du monde et voeux inavouables

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A quoi pensez vous lorsqu’on vous demande de faire un voeux?

Gagner au loto, rencontrer l’amour, se fiancer, se faire demander en mariage, trouver du travail, en tout cas ce sont là quelques voeux auxquels l’on pense en premier.

Mais en période de mondial, que peut-on vouloir?

Que les bleus gagnent! me direz vous.

Pour les deux hommes de ma vie, c’est plutôt, « pourvu qu’elle ne se sente pas bien »

Eh bien, je ne leur en veux pas, je les comprends. Je compatie.

Car en période de coupe du monde, c’est l’enfer pour eux. Pas amatrice du ballon rond mais en période de mondial, je frôle la folie. Je me transforme en supporter incontrôlable.

Qui peut se vanter de supporter plusieurs équipes en même temps?

Le pire c’est lorsque les deux équipes s’affrontent. J’aime l’équipe du brésil, et mon patriotisme me fait soutenir la france.

Alors imaginez le supplice pour monsieur et Harold lorsque je décide de partager ce moment avec eux.

Sur le canapé, alors qu’il sont en état de lévitation, que leur souffle est comme suspendu, que vous avez l’impression qu’ils vont se transformer en personnage de dessins animés, mon rôle à moi se transcrit par le bruitage, les hurlements, même l’arbitre sur le terrain, pourrait croire que je sifle à sa place.

Je hurle, lorsque la balle va dans le camp de l’adversaire, je hurle lorsqu’elle vient dans le notre.

De quelle nôtre? je l’ignore moi même.  J’ai peur de voir l’hypothétique but à marquer, peur du rattage.

A côté de moi, c’est cool, on a peur mais on garde le contrôle. Au bout d’une demie heure de suplice, mon fils me suggère gentiment:

« Dis maman, et si tu allais dans ta chambre te reposer »

« ‘Tu as raison, enchaine le papa, tu devrais aller voir un feuilleton et nous laisser voir le match au calme »

Voir un match avec moi, c’est une punition!

La seule fois où leurs voeux ont été exaucés, c’est pendant le match amical Côte d’Ivoire-France.

Là j’étais complétement folle. Tenue de pom pom girls, Mouchoirs blanc à bout de mains.

Un départ très dynamique:

Allez, allez les éléphants,

La victoire est à nous

On va gagner, on va gagner.

Mon mari m’a rappellé que nous étions dans un pavillon très ancien, pas renové et que je risquais de me retrouver à la cave, à force de sautiller autant.

J’ai moins sauté, mais mon hystérie était telle que j’ai fini au lit, de mon plein gré. Des palpitations. La migraine…

Et de mon lit, je me faisais commenter le match.

Qui a failli marquer un but, qui court vers le but des ivoiriens, qui se charge du coup franc, du tire au but….

Alors cette année, je me laisse rapporter les événements, je ne les suivrai pas comme d’habitude.

La sagesse veut que je me préserve de faire souffrir les miens et mon coeur.

Je soutiendrai les Bleus et le Eléphants en pensée et non en action.

BONNE MONDIALE A TOUS