Gaffe à ne pas faire…

Que l’on fait!!

L’une des plus grosses que j’ai jamais faites? Le jour où j’ai failli déclarer que le futur bébé de ma voisine n’était pas de son mari. On ne m’a pas surnomée Miss Gaffe pour rien.

Mais je ne suis pas la seule. Vous avez tous fait une grosse gaffe un jour où l’autre. C’est pour cela que j’ai été indulgente avec une de mes meilleures amies il y a deux ans. Avant tout il faut savoir que nos liens sont particuliers. Elle est du genre à s’inquiéter si je ne lui ai pas téléphoné une seule fois en une semaine. Et habite à deux pas de chez moi.

Des gaffes, elle en fait pleins, comme moi, comme vous. Mais la plus flippante et la plus innatendue c’est celle qu’elle m’a servie à la clinique.

Je sortais d’une lourde intervention. J’avais mis un an et demi à me décider. Puis je me suis jetée à l’eau, en me disant:

 » Quoi que je fasse, le résultat sera peut être le même. Ou je fais l’autruche jusqu’à ce qu’il n’y ai plus d’issue, ou je brave l’intervention chirurgicale avec tous ses risques ».

Et je l’ai fait.

A mon réveil, j’ai rémercié le ciel d’être encore de ce monde.

Ma meilleure amie vient alors me rendre visite, le jour même, dans l’après midi. Au moment où j’ai encore le drain dans le coup, avec un énorme pansement et que je me réjouis d’avoir survécu, que tout le monde est aux petits soins pour moi, qu’on me plaint,  que l’on on m’installe les fleurs, mon ami va faire une de ces gaffes dont elle est championne.

Nous rions, j’oublie un court instant mon état. Puis, soudain, elle arrête de ranger les fleurs, me regarde et l’air innocent, et je suis convaincue que c’était innocent? elle m’interroge :

« Alors? »

« alors quoi? »

« le kyste, il a été analysé? »

« Ah, il est parti à l’analyse.  on attend les résultats ».

« Et si c’était un cancer? »

Comme une douche froide, elle m’a ramenée à la réalité, à la peur du pire.

« Je suis sûre que ce n’est pas une tumeur. »

Mais elle insiste.

« Et si c’en était une? »

Alors tout le monde, son mari, le mien, son fils, arrêtent de parler et attendent ma réponse. Alors, d’un ton très rassurant et convaincant, je lui ai répondu :

« Et alors que veux tu que je fasse? Si on me dit que c’est une tumeur, j’assume. Je ne vais pas me pendre avant que la mort ne m’emporte non? »

Son mari était tout rose et j’ai constaté que la sueur perlait à son front.

J’ai martelé que je ne craignais rien et que même si on m’annonçait que j’avais une tumeur, je croquerais le reste de ma vie à pleine dent jusqu’à la dernière seconde.

Et je crois qu’elle a été satisfaite par la réponse, sans se douter une seule fois que après mon intervention, c’était de loin la question à laquelle j’avais envie de répondre.

Elle a conclu :

« T’en fais pas », et pour enfoncer le clou:

 » tu n’y peux rien de toutes façons, si c’est un cancer. »

Au fond de moi, j’ai dit: évidemment que je n’y peux rien, et ce n’était pas lla peine de me le rappeler non plus.

Jusqu’à ce jour, je sais qu’elle n’a pas réalisé une seconde la teneur de sa question. Elle est ainsi, comme moi, comme certains d’entre vous. Parfois ça sort. On n’a pas fait gaffe! Mais la gaffe est là. Si on peut la rattraper, c’est bien, sinon il ne reste plus qu’à s’en accomoder et à payer le prix de sa gaffe.

Vos plus belles gaffes à vous?