Web trotting 3

Un petit moment que nous n’avons pas fait le tour du web à la recherche de tendances et perles rares. Je reviens de mon voyage virtuel avec quelques adresses intéressantes.

D’abord Atlantis Home, le blog d’une jeune femme du texas, comme vous et moi, qui nous ouvre sa garde robe et partage ses coups de coeur. la visite de son blog m’a fait découvrir le site de Gryphon.

Mais attention, il n’ y a pas qu’aux USA que l’on trouve ces petits vêtements craquants. Gryphon a une boutique en France.

Avec Gryphon, vous pouvez vous habiller en hiver comme en été, avec quelques pièces essentielles, et chaudes.

Une sélection pour l’hiver avant de faire un saut en été.

Veste à manches trois quart sur un jean tie and die. Une blouse paysanne sur un pantalon destroy. Un trench pour faire comme Farrah Fawcett et l’ensemble zèbre du genre « Admirez moi », pour un soir.

Bon, je serais tentée de mettre un legging avec pour me protéger les jambes. Vous qui n’êtes pas frileuse, gardez la sans ajout.

Pour l’été, toujours chez Gryphon, j’ai succombé à ceci:

Ce blouzon en cuir sur une robe imprimée, Une petite robe à paillettes avec son trench noir très actuel; parfait pour le soir. Et la star du jour…

Le pantalon ample et fluide bleu avec un haut très tendance.

Theory
47 Rue Bonaparte
Paris, 75006
France
33-1-40-46-70-50

Mon voyage virtuel ne s’arrête pas là. Je vous laisse découvrir Mon easy wardrobe. Cette blogueuse se met en scène. Vous êtes au premier rang de sa  fashion »runway »: très instructif!

Bon web trotting.

A bientôt!

Non admise: it is time to leave!

Renvoyée comme une malpropre.

easyjet

Aujourd’hui je joue, je joue en racontant ma mésaventure, mais en juin 1986, je ne jouais pas du tout.

Non admise, c’est le titre de mon histoire. Pourquoi non admise? C’est l’étiquette qui m’avait été attribué il y a 23 ans.

Tout le monde aime voyager, tout le monde rêve un jour de visiter un pays étranger; pour certains, ceux qui viennent du nord, les démarches sont plus faciles. Dans le sens inverse, c’est une mission presque impossible.

En 1986 donc, je décide de venir étudier en France. Les problèmes ont commencé dès que ma soeur m’a informée de l’arrivée du billet.

Je me précipite à l’agence  pour le récuper et là. No way! Les consignes sont claires. Pour retirer son billet, il faut justifier d’une inscription préalable dans une école et de revenus suffisants. Désespérée, je vais voir Le Juge B, père de ma meilleure amie, afin qu’il me donne quelques conseils.

Voilà ce qu’il m’a dit:

« retourne à l’agence et dis leur que tu es une citoyenne du monde, que tu as le droit de circuler librement et que aucune loi n’exige de présenter ses revenus avant de voyager. »

Vous comprendrez pourquoi aujourd’hui, je clame à qui veut l’entendre que je suis UNE CITOYENNE DU MONDE.

Pas très convaincue mais grandie par cette maxime, je retourne à l’agence l’après midi. Heureuse coincidence ou chance, je n’en sais rien mais mon billet m’a été remis et j’ai pu organiser mon voyage.

Ce n’était pas Easy Jet mais une autre compagnie.

Le plus dur m’attendait à Roissy. Nous avons atterri à 7h le matin. Le voyage s’est bien déroulé. Hôtesses à nos petits soins, stewards tout sourire… A l’atterrissage, j’emboîte le pas à un jeune sénégalais, mon voisin d’avion. Nous empruntons l’escalator qui nous mène à la police des frontières, dernier sésame avant de fouler le sol français. Et là, je fais mon premier « atterrissage forcé ». Après avoir retourné mon passeport dans tous les sens, le policier en face me dit de me mettre à côté.

Il passe un coup de fil dans sa radio. Résultat, quand il revient à moi, il faut me conduire au poste. Je suis une Non Admise. Mon voyage s’achevait apparemment à Roissy. En passant devant les vitres qui nous s’éparent de la zone internationale, j’aperçois ma soeur, elle ne comprend pas, elle essaie d’en savoir plus. Et moi, je pars vers une zone inconnue, dans l’aéroport, le poste de police; un petit local avec deux bureaux et trois chaises.

On me propose de m’asseoir sur l’une d’elles. Je reste droite comme I. Je m’étais jurée de rester digne quelques soient les circonstances. Je suis triste, frustrée, en colère. Mais il ne faut rien laisser paraître. Ma soeur a essayé de me faire passer de l’argent pour que je puisse m’offrir des magazines. J’étais déjà une accro de magazines et de shopping à l’époque. No way! Il faut croire qu’une non admise, et donc une sous citoyenne, ne peut recevoir de l’argent de sa famille.

Toute la journée je suis restée assise sur ma chaise. Tous les « gentils » policiers m’avaient affublée d’un surnom: « La dame en rose » . J’aurais préféré Pink Lady. Ce jour là j’avais voulu faire concurrence à cette milliardaire dont je ne me souviens plus le nom, celle qui a passée toute sa vie en rose.

Je portais un ensemble rose. Chemisier à manches transparentes nouées aux poignets et à l’encolure. Jupe volante, rose aussi, à plis fins. Les chaussures, je ne sais plus. Elles n’étaient pas roses en tout cas. Mais je crois que je méritais mon surnom de Dame en rose.

J’ai dû supporter les sarcasmes de ces policiers qui devaient sans doute s’ennuyer lorsqu’ils n’avaient pas de NON ADMIS à coffrer. Pour aller au toilettes, j’ai eu droit à une escorte femme. Porte des toilettes ouverte. Au cas où j’essaierais de me couper les veines ou de m’enfuir dans un aéroport et une France que je ne connaissais pas.

J’ai eu faim, et je n’ai pas mangé, j’ai eu soif, et je n’ai pas bu, j’ai été triste, et on sait moqué de moi. Mais willykean est restée digne. Comme disait souvent mon père, ne jamais fuir devant l’ennemi en tant de guerre ou dans la vie courante. Ici, ce n’était pas des ennemis, c’étaient des… quoi déjà? Ils faisaient leur travail n’est-ce pas? Une non admise, c’est comme une criminelle. Mon crime? Celui de vouloir étudier en france et d’avoir oublié un document important pour entrer en France.

J’ai su plus tard que j’avais eu la chance lorsque en milieu de journée, j’ai vu un malien sortir d’un local de la police des frontières, enchaîné aux chevilles. Il tenait une boîte; et quand je me suis enquise du crime de ce monsieur, on m’a répondu que c’était un non admis comme moi, mais qui avait moins de chance. Comme Kounta Kinté dans Racines, il était enchaîné. La boîte c’était son verre.

J’étais une veinarde moi, willykean!!! J’avais une chaise et le droit de  m’asseoir dans leur bureau! De quoi je me plains! Imaginez un peu. Arrivée à sept heures le matin, assise au même endroit jusqu’à vingt heures sans bouger. Mais souviens toi willykean, souviens toi. Ne jamais fuir, ne jamais montrer ses faiblesses. Avoir le cran de regarder celui qui va te poignarder, droit dans les yeux. J’ai tenu grâce à ces paroles. Je pensais à mon père, à mes soeurs, à toute ma famille. A l’injustice qui fait de nous des gens du sud.

Le soir enfin, un policier est arrivé, il m’a  fait signer un document que je n’ai même pas pris la peine de lire. Puis m’a expliqué que je serais conduite au sofitel de Roissy où je serais gardée par la police jusqu’au matin, avant d’embarquer à huit par le vol retour. Mon voyage n’avait duré que 48 heures. Un aller-retour à 8000 Francs (1200 €), une avance de 450€ à L’école de secrétariat  (Institut Madame) où j’étais attendue l’après midi de mon arrivée pour compléter mon dossier d’inscription. Et un autre visage de la france que j’ignorais jusqu’alors.

J’ai passé la nuit éveillée, dans une chambre du Sofitel, avec des policiers qui se relayaient devant la porte de ma chambre restée ouverte jusqu’au matin. OUi. Ce que vous ignorez peut être, c’est que lorsque l’on est une NON ADMISE, on a pas droit à un peu d’intimité!

Le matin, je me suis préparée comme une FIRST CLASS CITIZEN. Toujours en rose encadrée de deux policiers, qui m’ont conduite dans leur fourgonnette, vers Roissy, pour le vol retour.

La fourgonnette m’a laissée au pied de l’avion. J’ai pris la passerelle avec les deux policiers qui m’escortaient; mon passeport a été confié au commandant. Et ils ont attendu avec moi jusqu’à quelques minutes du départ.

Suite à un violent orage, nous avons failli nous écraser en mer ou sur l’aéroport d’abidajn, mais ça c’est une autre histoire. Je vous la raconterai peut être un jour. Car je sais ce que l’on peut ressentir quand on a un avion en difficulté qui lutte contre un crash.

A l’image de notre héros qui décolle de l’aéroport le plus proche dans www.itistimetoleave.com, même si j’avais eu la possibilité de m’envoler rapidement sur un vol easy jet, le coeur n’y était pas vraiment parce que je n’avais pas fait tout ce voyage pour finir comme un terroriste, surveillée, interrogée, traitée comme un pariat par des policiers qui ont le devoir d’empêcher les étrangers d’émigrer chez eux. 

Cette situation embarrassante, surprenante, imprévue vous est livrée aujourd’hui parce que justement je voudrais gagner un voyage easyjet, celui où je ne serai pas la Dame en Rose, celui où  je serais libre de circuler comme une WORLD FIRST CLASS CITIZEN.

Faites moi décoller avec www.itistimetoleave.com