Déchets toxiques: nouveau terrorisme du siècle!

Une crise environnementale et sanitaire sans précédent touche la Côte d’Ivoire : des produits chimiques issus d’un navire étranger et déversés fin août dans des décharges publiques d’Abidjan ont intoxiqué des milliers de personnes.Selon Greenpeace, le Probo Koala, un navire russe battant pavillon panaméen, parti d’Espagne il y a plusieurs mois, a accosté à Abidjan, le plus grand port d’Afrique de l’ouest le 19 août pour une vidange.
Le liquide à vidanger – des boues issues du raffinage pétrolier, riches en matière organique et en éléments soufrés très toxiques (hydrogène sulfuré, H2S et mercaptans) – aurait alors mystérieusement été notifié sous la qualification d' »eaux usées », ce qui lui a permis de s’affranchir des exigences de traitement.

 

 

Une petite illustration pour introduire ce sujet

 

 

 

Une nuit de août 2006, une maman est profondément endormie dans sa chambre. Pendant qu’elle récupère d’une fatigue utile (elle est formatrice dans un centre de réinsertion pour jeunes filles ou jeunes mères isolées), les autres sont dehors. Curieux, ils veulent connaitre l’origine de cette odeur qui vous prend  à la gorge, vous fait suffoquer, l’air est irrespirable dehors, alors ils reviennent à l’intérieur, où ils ne sont pas plus protégés d’ailleurs. Elle dort toujours, les enfants essaient de la réveiller, ils y parviennent enfin.

 

 

 

De toutes façons qu’auraient-ils pu faire? 

 

 

 

Se réfugier dans des, quitter leurs maisons, pour aller où?… L’histoire serait très longue à vous raconter, tout ce que je peux dire c’est que quand les premiers signes ne sont pas fait attendre; elle s’est rendue à l’hôpital, on l’a très vite renvoyée chez elle avec du paracétamol. Aujourd’hui à l’heure où j’écris cette note, cette maman a le ventre ballonné, qui gargouille de façon  anormale, elle a parfois des remontées…. Mais elle n’est pas morte, elle est en vie alors pourquoi s’inquiéter, si elle avait été morte, sa famille aurait touché quelques millions de francs cfa, mais elle est vivante et ne peut même pas prétendre à des soins convenables car quelqu’un lui a usurpé son identité pour être indemnisé à sa place.

 

Quand je vous parle de terrorisme et de mafia, je veux dire éco-mafia, tout comme il y a des  réseaux pour écouler les déchets toxiques dans les pays en voie de développement, il y a des réseaux pour toucher les indemnités à la place des morts et des malades.

 

 

Certains plaignants ont vu leurs dossiers disparaitre dans la nature. Aujourd’hui encore, on les cherche. Ma soeur aurait été indemnisée. C’est vrai, même moi j’ignorais qu’elle avait une soeur jumelle qui porte les mêmes nom et prénom et qui serait née le même jour à la même heure de la même mère.

 

Un jour je tapai « déchets toxiques » et dans la liste des indemnisés classées par quartier, je la vois inscrite. Je l’appelle tout de suite pour la prévenir. Elle n’est pas surprise! Même si elle sait qu’elle n’a rien perçu, il faudrait qu’elle le prouve. et c’est si facile de trouver des témoins dans ces cas là, que les autres démontreront par A+B qu’il l’ont bien vue et qu’elle a bien touché son dû.

 

 

 

Il suffit de conjuguer le verbe « manger ».

C’est ce qu’on dit couramment là bas. Tout le monde mange.

 

Bref, elle est en vie, elles sont en vie, pour combien de temps? Personne ne sait. en attendant elles survivent et se soignent tant bien que mal avec leur paracétamol.

 

En attendant, on fait des procès et on tient des sommets!

 

Des sommets pour essayer d’enrayer le phénomène d’éco mafia, lutter contre les trafics internationaux de déchets toxiques. A l’heure où se déroule en Côte d’ivoire le procès du Probo Koala, un procès sans vrais coupables; rien de moins qu’une « masquarade » nommée procès .

 

Espérons qu’il se dégagera de cette réunion des vingt et un des solutions efficaces pour empêcher cette mafia écologique, pour empêcher ces terroristes de passer au travers des mailles.

 

Espérons que les « Spectromanes » de la planète seront aussi efficaces pour stopper le transfert de ces déchets du nord vers le sud autant qu’ils essaient de l’être pour les gens du sud qui s’embarquent pour la « galère » vers l’eldorado!

 

Il en va de la santé et la survie de milliers de populations.

 

Et au fait, normalement ces déchets auraient dû être bloqués au pays bas et auraient dûs être sous haute surveillance!!!!

Onfoin: textile végétal à partir de l’antiaris toxicaria

 

Oeuvrer pour la sauvegarde de la tradition, protection du patrimoine par une coopération gérée par une femme.
« Bonjour Madame
Vous trouverez ci jointes quelques réalisations avec le ofoin qui est un produit naturel biodégradable. Il s’agit d’écorse d’arbre qui était utilisé par nos ancetre. En ce moment ou l’on parle de protection de l’environnement, je pense que le ofoin peut etre intéressant dans le domaine de la création et de l’art (chaussures, tableau,sac à main, réalisation couture,bijou…)
                        Très cordialement »

Avant de faire mes valises pour la Normandie, je suis tombée sur un article du Magazine féminin africain Amina qui traitait de l’Onfoin, tissu fait d’écorce d’arbre.

Ce article m’a ramenée à mon enfance, à ce bout de tissu qui nous rendait hilares mes soeurs et moi, et dont nous nous servions pour faire des costumes pour sketches…

Mon père un jour nous a fait asseoir afin de nous expliquer la valeur de ce petit bout de tissus, de la technique de fabrication et de la chance que nous avions d’en posseder encore en 1974.

Malgré tout, nous avions peur de nous couvrir de ridicule si par bonheur il y en avait assez pour confectionner des vêtements pour toute la famille.

Tout ça pour vous dire combien j’ai été impressionnée de voir cette femme, Madam Koffi, qui depuis 2007, à l’heure où tous parlent de biodiversité, de design éthique, se bat pour réhabiliter ce tissu d’une valeur inestimable.

Je l’ai donc contactée, puis après quelques échanges téléphoniques, elle a accepté de me prêter quelques images de son atelier afin que je fasse circuler l’information.

Ce tissu, appelé « brouwo » dans ma région, ofion chez Madame Koffi Odette,  est réalisé à partir de l’Antiaris toxicaria avait presque disparu de nos habitudes vestimentaires au profit des tissus promus en europe et partout dans le monde.

Devant cette situation alarmante, Madame Koffi a décidé de créer une coopérative,  la fondation Ehoukabe (Aidons les) en patois baoulé. pour sauver ce qui reste de notre patrimoine culturel et économique. La biodiversité étant la tendance au goût du jour, elle compte aider les femmes à s’autogérer en leur apprenant à développer la culture de cet arbre rare.

L’Ofoin, tissu obtenu après un long battage de l’écorce de l’Antiaris toxicaria, est utilisé pour la confection de vêtements, d’accessoires… Elle sert aussi de toile pour artistes peintres.

La conservation de l’onfoin peut à terme représenter une source de revenus non négligeable pour ces femmes.

Le travail est pour l’instant artisanal. Il faut battre pendant des heures l’écorce de cet arbre jusqu’à la transformer en un tissu souple ou rigide selon le temps de battage.

Ensuite, vous pouvez lui donner le colori désiré avec de la teinture à partir de plantes, ou l’utiliser tel quel.

L’onfoin naturel ressemble un peu à ces bouts de tissus orange ou couleur pêche que certaines ménagères utilisent pour éponger l’eau dans leur cuisine..

  

 

 Oeuvre de Amani Désiré