Customiser, c’est sauver la planète

liza0001Il n’y a pas que les « grands » qui courent au chevet de la planète en péril. Les créateurs aussi. Cela a été prouvé à à maintes reprises.

Ce n’est pas la créatrice Liza qui vous dira le contraire. Le monde de Liza ne connait pas la crise et les déchets sont très vites recyclés. Dans sa caverne d’Ali Baba, Les coupures de presse, les boutons, les vinyles, les livres, les plaids et les manteaux cohabitent. Parfois,  les manteaux se transforment en deux robes de cocktail. Même la doublure n’est pas en reste. Récupérer, déconstruire, customiser, telle est sa devise.

Liza n’aime ni l’uniformité, ni le gaspillage. Elle se sert dans les poubelles à défaut de puiser son inspiration dans les placards de ses amies. Pour créer ses pièces uniques, elles se sert de matériaux écolos.
C’est aussi ça le développement durable. Selon Liza, le développement durable: donner une seconde vie à un objet qui a un passé.

Image métro de paris.

Malette des années 50 customisée avec des coupures de la page « ma planète »

Costumisée par Liza
11 rue du pont aux choux
paris III
http://www.costumiseepar.com/

Onfoin: textile végétal à partir de l’antiaris toxicaria

 

Oeuvrer pour la sauvegarde de la tradition, protection du patrimoine par une coopération gérée par une femme.
« Bonjour Madame
Vous trouverez ci jointes quelques réalisations avec le ofoin qui est un produit naturel biodégradable. Il s’agit d’écorse d’arbre qui était utilisé par nos ancetre. En ce moment ou l’on parle de protection de l’environnement, je pense que le ofoin peut etre intéressant dans le domaine de la création et de l’art (chaussures, tableau,sac à main, réalisation couture,bijou…)
                        Très cordialement »

Avant de faire mes valises pour la Normandie, je suis tombée sur un article du Magazine féminin africain Amina qui traitait de l’Onfoin, tissu fait d’écorce d’arbre.

Ce article m’a ramenée à mon enfance, à ce bout de tissu qui nous rendait hilares mes soeurs et moi, et dont nous nous servions pour faire des costumes pour sketches…

Mon père un jour nous a fait asseoir afin de nous expliquer la valeur de ce petit bout de tissus, de la technique de fabrication et de la chance que nous avions d’en posseder encore en 1974.

Malgré tout, nous avions peur de nous couvrir de ridicule si par bonheur il y en avait assez pour confectionner des vêtements pour toute la famille.

Tout ça pour vous dire combien j’ai été impressionnée de voir cette femme, Madam Koffi, qui depuis 2007, à l’heure où tous parlent de biodiversité, de design éthique, se bat pour réhabiliter ce tissu d’une valeur inestimable.

Je l’ai donc contactée, puis après quelques échanges téléphoniques, elle a accepté de me prêter quelques images de son atelier afin que je fasse circuler l’information.

Ce tissu, appelé « brouwo » dans ma région, ofion chez Madame Koffi Odette,  est réalisé à partir de l’Antiaris toxicaria avait presque disparu de nos habitudes vestimentaires au profit des tissus promus en europe et partout dans le monde.

Devant cette situation alarmante, Madame Koffi a décidé de créer une coopérative,  la fondation Ehoukabe (Aidons les) en patois baoulé. pour sauver ce qui reste de notre patrimoine culturel et économique. La biodiversité étant la tendance au goût du jour, elle compte aider les femmes à s’autogérer en leur apprenant à développer la culture de cet arbre rare.

L’Ofoin, tissu obtenu après un long battage de l’écorce de l’Antiaris toxicaria, est utilisé pour la confection de vêtements, d’accessoires… Elle sert aussi de toile pour artistes peintres.

La conservation de l’onfoin peut à terme représenter une source de revenus non négligeable pour ces femmes.

Le travail est pour l’instant artisanal. Il faut battre pendant des heures l’écorce de cet arbre jusqu’à la transformer en un tissu souple ou rigide selon le temps de battage.

Ensuite, vous pouvez lui donner le colori désiré avec de la teinture à partir de plantes, ou l’utiliser tel quel.

L’onfoin naturel ressemble un peu à ces bouts de tissus orange ou couleur pêche que certaines ménagères utilisent pour éponger l’eau dans leur cuisine..

  

 

 Oeuvre de Amani Désiré