Nul n’est censé ignorer la loi/Everybody is presumed to know the law!

Je continue avec mes histoires anciennes. Ma nièce et sa fille étant en vacances chez moi, j’ai moins de temps à consacrer à mes recherches. Alors, je vous sert des anecdotes rééditées.

En espérant que vous passerez de bons moments avec et sans moi.

Cette histoire m’est arrivée en 2007 pendant mes vacances dans mon pays d’origine.

A côté de cette mésaventure les gags avec l’une des triplées, un peu plus « blanche » que son frère et sa soeur ne sont rien du tout; on m’a souvent prise pour la nannie. Une surveillante a même exigé ma pièce d’identité pour s’assurer que j’étais bien la maman.

Bref. Quand on est en afrique, à la frontière entre deux pays limitrophes, et que l’on réalise soudain que l’on a oublié de demander un visa….

Août 2007, je me prépare pour les vacances. Sept ans que je n’avais pas revu ma famille. Deux ans de guerre atroce. Beaucoup de larmes, de stress. Je pars enfin voir les miens.

Sans doutes un trop plein de bonheur ou mon attitude habituelle de « tête dans les nuages ».

Les gags ont commencé ici. Tellement habituée à me prendre pour une citoyenne du monde, je réserve mon billet. J’achète plein de cadeaux, je fais et refais mes valises. Et soudain, à un mois du jour J, je réalise que je n’ai pas de visa et je perds par la même occasion ma carte d’identité.

Pour le visa, il a fallu faire le « bras long » comme on dit chez nous. L’ami d’une amie m’a accompagnée pendant la pause déjeuner. m’a présentée et ma cousine est passée prendre le passeport l’après midi.

La carte d’identité a été prête à quelques jours de mon départ.

Tout va bien.

C’est une fois sur place que les choses se gâtent.

Parfois il vaut mieux ne pas être citoyenne du monde. Je l’ai su à mes dépends lorsque j’ai voulu passer la frontière Ghana-Cote d’Ivoire pour faire du shopping. Et oui, quand on est citoyen français, ressortissant de la Communauté européenne, on est ni de la CEDEAO, ni du COMMONWEATH.

Tout ceci est loin derrière moi, depuis le jour où j’ai quitté le Lycée.

Je me suis fais réfuser l’entrée dans un autre pays pour la seconde fois de ma vie. La première fois en 86, j’ai fait un voyage Abidjan Paris en 48 heures avec une escale au Sofitel de Roissy. La deuxième fois en 2007 à la frontière du Ghana. Et tout ça pour avoir été trop distraite pour me souvenir que je n’étais plus ivoirienne mais Française et que je ne pouvais pas entrer dans un pays du COMMONWEALTH sans avoir au préalable fait une demande de visa. Je n’étais désormais plus ivoirienne donc plus ressortissante de la CEDEAO pour n’utiliser qu’un simple lasser passer.

Bref. En aôut donc, j’arrive en Côte d’Ivoire, Je circule avec ma carte d’identité française, ce qui n’était pas normale vu que rien d’indique sur cette carte que j’ai un visa pour entrer dans le pays. Tout va bien jusqu’au jour où je décide d’aller m’acheter des KENTES

Tissus riches du Ghana et de la Côte d’Ivoire, fabriqués par des artisans. On peut les utiliser comme couvre lit ou tenues d’apparât.

http://www.nmafa.si.edu/exhibits/kente/top.htm
http://www.ghanacraft.com/catalog/techniques.php

kttp://willykean.com

ou comme plaid de canapé

http://willykean.com
 

Les prix sont plus abordables là bas qu’en Côte d’Ivoire. Nous louons, mes amis et moi, une voiture avec chauffeur. Départ à 10 h. Après 3 heures de route, nous sommes à la frontière. Premier contrôle par la Police Ivoirienne. Aucun problème, c’est juste pour du shopping, pas nécessaire de fournir un visa. Nous entrons au Ghana, la police de la frontière nous attend avec nos pièces d’identité. Je présente naivement ma carte d’identité française et là!

Oh my gooooooood, moi, une française de la Communauté européenne, qui passe les frontières sans passeport ni visa.

Désolée madame, vous ne pouvez pas entrer. Je vais appeler des policiers pour vous réconduire à la frontière.

Pourquoi?

Parce que vous n’avez ni passeport , ni visa

Oh my Goooooood! Je viens seulement de réaliser que depuis deux semaines j’étais en infraction en Côte d’Ivoire et maintenant je le suis au Ghana aussi.

Trop énervée d’avoir fait tout ce chemin et tous ces frais pour rien, j’essaie d’amadouer la policière.

Soyez indulgente Madame, J’ignorais qu’il me fallait un visa, j’avais complétement oublié.

Et Madame la policière zélée de me répondre in english s’il vous plait:

 « EVERYDODY IS PRESUMED TO KNOW THE LAW », i am sorry, you can’t go.

Mince! Mon amie s’énerve, elle menace de sortir puis de faire intervenir son mari qui travaille dans un ministère, puis de rentrer dans les mêmes conditions, le ton durcit, moi je reste calme, je ne veux pas provoquer d’incident, surtout que ma carte d’identité française se trouve dans les main de la dame derrière un guichet grillagé. Je ne veux pas être escortée ou entendre dire que ma carte d’identé « souffre » de quoi que ce soit.

Puisque la policière se comporte désormais en « homme » de loi et membre du COMMONWEALTH, (c’est une habitude chez eux, il vous parle français et en cas de conflit, c’est l’anglais qui reprend le dessus). Parlons donc anglais.

Je calme les esprits.

I am so sorry madam, I agree that everybody is presumed to know the law, you’re right but please, i must go shopping, only one hour. Please, please, please.

Face à une sensiblité de femme (même officer, il faut de la diplomatie).

Beaucoup de pourparler, une entente cordiale, puis nous sommes enfin rentrés. Et j’ai pu ramenener ces « objets » du désir.

Je m’en souviendrai toujours. Lorsque je les regarde sur mon lit ou sur mon canapé, je jubile!

Ils n’étaient pas destinés à être plaids ou couvre lit au départ. Visitez les sites mentionnés ci dessus? Ces tissus sont des tenues d’apparât destinées au rois et reines, aux nobles, pour de grandes occasions dans les peuples AKAN.

Funérailles en pays agni

Mariage traditionnel

PASSEPORT PLEASE (suite)

Le plus important ce n’est pas d’entrer, mais de sortir.

Vous allez très vite comprendre pourquoi. Après mes mésaventures à la frontière d’Autriche qui vous ont été contées ici, vous êtes sur le point de savoir comment on peut risquer de devenir clandestin sans le vouloir, rien que par imprudence…

Reprenons donc l’essentiel des faits. J’accompagne en Allemagne ma star d’employeur avec juste un visa pour l’Allemagne, elle a envie de faire du ski en Autriche en m’enmenant avec elle. On me refoule à la frontière puis je suis sauvée par l’intervention d’un fan policier… Tout va bien, après le séjour, tournage à Venise avant de revenir en france.

Moi qui croyais que les problèmes étaient restés dernière nous en Autriche!

Eh bien non.

Nous prenons le train pour Venise que je decouvrais pour la première fois avec toutes les appréhensions stupides que peut avoir quelqu’un qui n’a même jamais pris de péniche à Abidjan par peur de se noyer au cas où celle ci coulerait. Oui, je suis très alarmiste et j’ai tendance à penser au pire. Bon il y a eu le gag à notre arrivée à l’hôtel mais ça je ne le dirai pas ici. Ce que vous avez à savoir c’est que le bateau taxi est resté 10 minutes de plus parce que tout le monde était descendu sauf moi qui craignais de tomber à l’eau. Ils ont été patients et gentils; j’ai fini par descendre pour enfin libérer le taxi…

Bref. nous prenons donc le train pour Venise, hôtel 5 étoiles, pas loin de la Place Saint Marco, tout le monde est aux petits soins avec nous. J’avais même droit à aller sur le plateau pour assister aux tournages. Tellement formidable que j’oublie passeport, visa, retour… De toutes façons pour moi il n’y avait aucun souci à se faire.

Mais prise d’un doute justifié plus tard, je vais quand même me renseigner au commissariat à côté. Et là, le doute se fait de plus en plus présent. Les policiers ne sont pas sûrs mais ils me donnent l’adresse du consulat et me conseillent vivement d’aller me renseigner.

Me voilà donc au consultat: je patiente dans la salle d’attente. C’est mon tour. J’explique ma situation et demande s’il n’y aura pas de problèmes pour rentrer en france.

« Aucun pour nous Mademoiselle, par contre pour la Suisse si! »

« Si vous transitez par Zurich, il vous faut un visa. Sinon vous ne pouvez pas passer ».

« Mais pourquoi je lui réponds,  comment ça je ne peux pas passer; je ne vais pas pour rester en Suisse, je ne fais que traverser »

« Je sais, mais vous traversez la Suisse et il faut un visa. »

« Mais c’est à 1 h du matin, je serai endormie, je ne verrai même pas Zurich. »

« Je sais mais vous avez besoin d’un visa, c’est la loi. Et vous auriez dû le demander en france avant votre depart. »

« Mince, comment vais-je faire alors, il faut que je reparte bientôt. il me faut un visa. »

« Oui je sais, vous auriez dû y penser avant. »

« Mais je ne vais pas rester ici, je suis résidente en france. »

« Bon voilà ce que je peux faire pour vous. Nous allons vous délivrer exceptionnellement un visa mais il faut quelques jours pour vérifier tous les renseignements avant de vous le donner. »

« Quels renseignements? »

« Ceux qui prouvent que vous résidez bien en france! »

« Mais je réside en france » (je me demande bien où je résiderais si ce n’était pas en france?, j’en viens)

« Nous en voulons la preuve. »

Le policier qui était  jusque là très gentil commençait à s’impatienter, je le comprends, je ne fais pas les choses comme il faut et je veux le culpabiliser de me faire perdre mon temps.

« Alors vous le demandez ce visa ou pas? »

« Bien sûr que oui, je ne vais pas rester à Venise! »

Alors on me fait remplir des documents, plusieurs documents avec tout ce qu’il y a de précis comme questions.

Je rends ma « copie » et je demande à l’agent quand je revenais chercher mon passeport.

« Dans quatre jours environ. Repassez dans l’après midi »

J’ai patienté 4 jours avant de me présenter au consulat à nouveau.

Ils avaient fait leur enquête à L’Hay les Roses, à Levallois Perret puis à Gentilly chez mon Frere, en tout cas je leur tire mon chapeau car il ont fait leur travail comme il faut. (Parce que je vais vous dire moi, la dernière fois que la préfécture de Pontoise a dû faire une enquête sur mon père, ancien Quartier Maitre de la MARINE NATIONALE FRANCAISE,  qui voulait rester vivre avec nous ici (il a 84 ans), il a réçu la réponse un an et demi plus tard presque menaçante,  » dans l’absence d’une réponse de votre part, nous nous verrions dans l’obligation de classer votre dossier »

Pas grave, il n’avait pas envie d’être un sans papier à 84 ans, il était rentré dans sa deuxième patrie depuis un an et demi. Il aurait fallu qu’il se paye un autre billet pour revenir se présenter à la préfecture sans aucune certitude d’obtenir son titre de séjour. Déjà la première fois qu’il s’est présenté au guillet, une jeune employée d’origine asiatique lui avait signifié de façon désagréable qu’il ne devait pas espérer d’aide de la part de l’état. Information pour laquelle mon père a rendu qu’il n’avait pas attendu qu’elle soit là où elle est pour se nourir par ses propre moyens et que lui était français malgré les apparences et qu’il l’a été bien avant lui, il a servi son Pays??? lui! Il était QUARTIER MAITRE dans la marine nationale française)

 Bon assez poussé le coup de « gueule »

Mon passeport était prêt dieu merci. et j’ai pû traverser la suisse dans un train de nuit où je n’ai même pas réalisé à quel moment nous avons passé Zurich.

Ouf. Je ne suis pas clandestine. Je suis chez moi en france et tellement française que parfois j’oublie que j’étais ivoirienne avant tout et que étant désormais française, il me fallait un visa pour rentrer voir ma famille là bas. Et ça c’est une autre paire de manche.

Pas d’inquiétude, je finis toujours par trouver une solution.